La qualité d'une interprétation en visio ne dépend pas que de l'interprète. Elle dépend aussi de la façon dont la réunion est préparée. La bonne nouvelle : côté organisateur, l'essentiel se résume à quelques habitudes.

Avant la réunion

Transmettez-moi les supports en amont. Ordre du jour, présentation, noms propres, sigles maison. Je ne les divulgue à personne, c'est couvert par le secret professionnel. Ça me permet de préparer le vocabulaire et de ne pas découvrir vos termes en direct.

Prévenez les participants. Une ligne dans l'invitation suffit : « Cette réunion est interprétée en LSF, merci de parler chacun à son tour. » Ça évite la surprise et ça pose le cadre.

Vérifiez l'outil. Teams, Zoom et Meet conviennent tous. L'essentiel est que la vidéo reste activable et que l'interprète puisse être vu en grand par la personne sourde. Pour le détail, voir le comparatif des outils de visio.

Le jour J : l'image et le son

Demandez à chacun d'allumer sa caméra, au moins quand il parle. Une personne sourde lit beaucoup sur le visage et le contexte : une mosaïque d'avatars gris la coupe de l'échange.

Soignez la lumière et le cadrage des intervenants clés. Pas besoin de matériel : une fenêtre en face plutôt que dans le dos, le visage bien visible, ça suffit.

Un micro de qualité correcte aide aussi l'interprète. Je traduis ce que j'entends ; si le son est saturé ou lointain, je perds de l'information.

Pendant la réunion : la parole

Un seul intervenant à la fois. C'est la règle la plus importante. On ne peut pas traduire deux personnes qui parlent en même temps. Un animateur qui distribue la parole rend la réunion bien plus fluide.

Laissez un léger décalage. L'interprétation suit la parole d'une ou deux secondes. Quand vous posez une question à la personne sourde, laissez ce court temps de relais avant d'enchaîner.

Adressez-vous à la personne, pas à moi. Dites « qu'en pensez-vous ? » et non « demandez-lui ce qu'il en pense ». Je traduis, je ne suis pas un intermédiaire dans la conversation.

Pour les longues sessions

Au-delà d'environ une heure trente en continu, l'interprétation se fait à deux, en relais. Ce n'est pas du confort : c'est ce qui garantit la qualité sur la durée. Prévoyez aussi de vraies pauses, utiles pour tout le monde. J'explique pourquoi dans l'article sur le relais à deux interprètes.

La check-list en bref

  • Supports envoyés en amont
  • Participants prévenus qu'il y a interprétation
  • Caméras allumées, lumière correcte
  • Un intervenant à la fois, parole distribuée
  • On s'adresse à la personne sourde directement
  • Deux interprètes et des pauses pour les sessions longues

Pour démarrer

Rien de tout cela n'est compliqué, et je vous accompagne sur ces points dès la prise de contact. Si vous préparez une visio, dites-moi le format : je vous indique précisément ce dont j'ai besoin. Voir aussi l'interprétation en visio.

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